La mort et sa mise en marché…

Récemment, la mère d’un ami est décédée. Entre deux visites chez le notaire, le dit ami m’a demandé de réaliser une carte pour inviter les proches à un événement commémoratif. J’ai accepté et, venant tout juste de raccrocher le téléphone après une approbation finale, j’ai un sourire en coin après un questionnement intéressant.

Au départ, il m’a dit : «Tu me chargeras ton taux habituel». Va toujours. Je lui ai chargé mon taux préférentiel, celui que je charge aux organismes caritatifs. Pas parce que c’est mon ami, mais plutôt pour la cause. Il m’a même redemandé si je ne voulais pas plus. Je lui ai dit que je pouvais amplement me contenter de ce montant (qui avoisine les 58 millions, à un ou deux dollars près).

Business is business vous me direz, mais j’ai des scrupules à charger le plein prix pour une cause comme celle ci. Je sais que vous allez me dire que les maisons funéraires ne se gênent pas pour charger le gros prix, et vous avez raison. Mais justement, surtout pour une simple carte, je pense que les proches déjà éprouvés ont d’autres raisons de rager que le graphiste qui se fait la palette sur le dos des morts.

Quand j’ai démarré mon entreprise, j’ai noté dans mon calepin une sorte de charte. Parce que je suis conscient du pouvoir que peux posséder un faiseur d’image. Des empires peuvent naître et tomber sur la base d’une image. Et tant qu’à avoir cette arme entre les mains, aussi bien qu’elle serve à bon escient. C’est pour ça que j’ai un tarif spécial pour certains organismes caritatifs et causes similaires, ces causes peuvent — et doivent!— elles aussi bénéficier de la meilleure image possible, le plus indépendamment possible des ressources pécuniaires en jeu. D’un autre côté, tant que j’ai du pain sur la table, ça fait mon affaire. Et ces organismes encouragent le talent local, l’art, et la culture.

Autre point en jeu ici, l’approche graphique. Dans le marché de la mort, il faut que le produit soit d’un équilibre parfait, à la tête d’épingle près, sinon tout fout le camp. En effectuant mes recherches, je me suis retrouvé devant des trucs à faire déprimer un gothique (ou le faire déprimer encore plus, enfin). On veut commémorer la vie d’un être qui a été aimé et apprécié pendant des décennies, pourquoi tomber dans le noir, avec des croix partout et une typographie lugubre? Je base ma philosophie du design sur le message premier et profond que le client veut passer (dans le cas qui nous intéresse, commémorer la vie de sa mère, qui au demeurant semblait être une personne bonne, chérie et appréciée), j’aurais été à côté de la track un peu. D’un autre côté, à moins de commémorer le décès d’un clown professionnel, je ne me serais pas vu aller vers quelque chose de très vibrant et coloré, avec de la grosse typo partout.

Je vais publier le résultat dès qu’il sera imprimé, mais j’y suis allé quand même avec un peu de retenue, quelque chose de simple et de lumineux, je vais dire sobre à défaut d’un autre qualificatif, avec une fonte ronde mais structurée, une photo en noir et blanc, et un aplat orange au verso de la carte. Loin d’une fanfare de cirque, mais très loin du croque-mort de Lucky Luke.

Mon ami me disait que c’est probablement comme ça que nous allons commémorer, à l’avenir. Quelque chose d’autre que les pleureuses en noir, les interminables veillées au corps et les funérailles sombres et austères. Je sais que certains de mes amis, à leur trépas, vont vouloir bière et bacon pour les proches, célébrer les bonnes choses de la vie pour ceux qui vont continuer. Et à la lumière de mon implication dans un projet similaire auparavant, je crois qu’il faudra quelque chose pour commémorer, peu importe ce que c’est.

Je crois que cette mouvance avait commencé à l’époque de Brassens, même.

Cartes de Saint-Valentin

Vous voulez impressionner l’être aimé(e), mais vous ne voulez pas subir une soirée inconfortable dans un resto bondé avec une bouteille de piquette à 75$, un bain parfumé qui va lui causer une réaction allergique, des chocolats de pharmacie que vous allez être pris pour manger en définitive, et une soirée torride ultimement gâchée par des menottes bon marché qui égratignent la peau délicate des poignets?

Qu’à cela ne tienne, j’ai la solution pour vous! Voici une carte pour la Saint-Valentin. Pour un prix beaucoup moindre, sortez le Molière ou le Réjean Ducharme en vous et, dans vos mots, faites-lui la déclaration d’amour la plus poignante de l’histoire de l’humanité (ou au moins, depuis le moment où l’homme a découvert le bacon).

À l’achat, vous recevrez un document électronique haute-résolution que vous pourrez imprimer sur le support de votre choix (votre imprimante à la maison sur un carton décoratif ou au service de reprographie du coin, par exemple), ce qui vous donne une opportunité de plus de personnaliser la carte. Même, si vous avez une demande encore plus spéciale, contactez-moi pour une illustration  personnalisée!

En vente à 2,75$ plus taxes. Pour acheter, c’est ici :


En rénovations

Pour quelques jours, mon portefolio officiel ne sera pas accessible. Je suis en train de rebâtir ce site avec WordPress, et je n’aurai pas accès au thème que je veux d’ici quelques jours — histoire courte et très plate. Par contre, une fois que tout sera fini, j’aurai rapatrié la plupart de mes projets parallèles sur le site, et non hébergés ça et là. C’est d’ailleurs mon premier billet sur le blogue provenant directement du site, et non pas un blogue gratuit affiché dans un iframe sur le site et rabouté au duct tape, éditable de là-bas pour être affiché ici. En temps et lieu, ma bédé Fromage Process rentrera au bercail et je suis en train de fouiller un peu pour monter une boutique en ligne. Bref, ça va être plus facile à gérer, plus facile de vous y retrouver (un guichet unique pour tout ce qui provient de moi!), et meilleur pour mon référencement!

En attendant, j’ai triché un peu et réuni mes billets de contenu original ici. Je dirais que ce répertoire est fidèle à 80% au contenu de mon portefolio original. J’ai aussi mis à jour mes informations de contact, et me suis concocté une sorte de biographie. Je suis donc pour l’instant fonctionnel, mais le site n’est pas encore à la hauteur de ce qu’il devrait être.

Bonne lecture quand même!

Dans mes oreilles en 2011

Bon, je me dois de rappeler : je n’ai pas tout acheté cette année, et je ne suis pas non plus sur la liste d’envoi des maisons de disques. Aussi, j’ai écouté passablement de vieille musique (dont une compilation de Brassens et les disques des frères Pellerin que j’ai écouté en boucle lors de mes nuits de travail). Cette compilation est alors ce que j’ai écouté de meilleur parmi mes quelques achats de l’année, dans un ordre d’appréciation approximatif. Bonnes découvertes!


1. Richard Desjardins — L’existoire (chanson comme il ne s’en fait plus)
Richard Desjardins est comme le bon vin, il prend de la valeur avec l’âge. Ses textes, sa poésie et son humanité continuent d’évoluer, et sa musique prend en complexité avec le temps. Un baume sur notre époque. lien



2. Galaxie — Tigre et Diesel (rock décrassant)
Olivier Langevin est l’un des derniers rockeurs à encore faire danser les filles. Un rock bien sale sur des beats  entraînants. Et si quelqu’un connaît l’asiatique du clip de Piste 1, faites-moi signe; je lui paierais un drink. lien


3. the Barr Brothers — the Barr Brothers (rock-folk indé-machin)
Soit tout en nuances, soit en ouvrant la machine un peu, nous avons droit ici à un album inspirant. Imaginez Jack White qui aurait réalisé un album des Decemberists… lien


4. Socalled — Sleepover (hip-hop klezmer-montréal-anglo)
Socalled est tributaire d’un univers, il est le point de rencontre de plusieurs influences culturelles. Il est normal alors que chacun des albums qu’il nous livre soit si riche et hétérogène, et à la fois si plaisant et facile d’écoute. lien

5. NSd — Pour emporter (hip-hop de cheu’nous)
Deuxième opus pour la bande de Jeune Chilly Chill et Maître J.  Plus proche des performances en prestation avec de vrais musiciens, et toujours le même dynamisme, la même verve et le même verbe. lien

6. The Weeknd — House of Baloons (la musique du film sur ta vie)
C’est lourd, ça pue le sexe, mais imaginez que c’est la musique qui joue quand vous entrez dans le bar. Sensation de puissance immédiate, genre Kanye West peut aller se rhabiller. Ce soir, vous êtes Dieu. lien

7. Buck 65 — 20 odd years (hip-hop pour ceux qui n’aiment pas le hip-hop)
Compilation de projets auxiliaires de Buck, dont de très belles collaborations avec, entre autres, Marie-Pierre Arthur et Olivia Ruiz. Avec sa voix rauque qui lui est particulière, on réécoute encore et encore. lien



8. MC La Sauce — Société parfaite (Hip-hop au féminin)
Premier long-jeu pour la protégée de Chafiik de Loco Locass. On voit que le métier entre, et la demoiselle a le talent et la langue assez bien pendue pour avoir bien de belles années devant elle. ET avec des amis comme Chaf, Buzzy Bwoy et Imposs, je ne m’en fais pas pour elle. Et oui, on oublie la pochette; appelle-moi pour ton prochain album, miss… lien



9. Gatineau — Karaoke King (hip-electro-machin)
La terre a tourné depuis le dernier album, c’est un Séba nouveau, une formation remaniée, et même un MC BrutaLLL sortant de l’école de charme qui nous livre une solide leçon, loin du rap de garage d’autrefois (pas meilleur ou pire, juste différent). Je cacherais votre mère, au cas. lien

10. Orange Orange — Tropical Passion (pop électro indée(?))
Le premier album du couple Hamel-Sabotage manquait de ce je-ne sais-quoi qui fait qu’on réécoute en boucle. Maintenant libres de création, le problème semble réglé. Au point même que les indécrottables de la scène indépendante trouvent le son trop pop et — sacrilège — très compatible avec celui des radios commerciales… lien

Quelques autres mentions en rafale
La trame sonore de Sucker Punch — Ludovico Einaudi — The Black Keys — Philippe B — Cœur de Pirate — PJ Harvey — Arthur H — Armistice — The Decemberists — Pierre Lapointe — Et encore plein d’autres…

Joyeux [___________]!

Allons, je déconne un peu. Je vous aurais souhaité Joyeuses fêtes, mais vous auriez pensé que c’était par rectitude politique. En fait, il y a Noël, le Jour de l’an, et pour ma part, du 26 décembre au 2 ou 3 janvier, c’est l’anniversaire de quelqu’un que je connais (y compris l’auteur de ces lignes). Alors Joyeux Noël, Sol Invictus, Festivus, Jour de la Vie, anniversaire et tout ce que vous voulez. Mangez, buvez et soyez heureux, réunissez-vous entre amis, en famille, avec votre club de bridge ou avec qui vous voulez, aimez et profitez de la vie! Et reprenez un autre morceau de bûche, je ne veux pas être pogné pour manger des restants pendant 2 semaines…

Merci à tous pour 2011. Année bizarre, difficile sans être nécessairement mauvaise, avec le sentiment d’être passé à côté de plein de choses. J’ai des plans pour 2012, évidemment, on verra ce que ça nous réserve!